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Construction du Dobson Strock 250

Lors d’une séance d’astrophoto avec Ludo et Fred du club d’astronomie, nous nous retrouvâmes à essayé de tuer le temps en parlant de choses et d’autres pendant que les APN enchainaient les poses tous seuls au foyer de nos instruments. C’est alors que Ludo nous dit que ce serait bien de disposé d’un Dobson pour faire du visuel pendant ce temps.

L’idée de construire mon propre télescope me trottait dans la tête depuis pas mal d’année. Fin 2006, au club d’astronomie, je fis la connaissance d’une personne qui venait de se lancer dans la construction d’un Dobson « pliable ». Son projet incluait la taille du miroir.

Je consultai divers site internet, sur la construction de télescope, les fournisseurs de miroir, etc. Le concept de télescope « pliable », un 250 qui tient dans une valise – incroyable, hein! – m’amena bien naturellement sur le site de Pierre Strock et du club Magnitude 78.

Vivant en appartement, je ne me voyais mal usiner du bois au milieu de ma cuisine ! Au départ j’avais dans l’idée de faire ça sur mon balcon pendant l’été mais pour cela il me fallait un établis or je n’avais pas la place pour le stocker. Le moi de mai arrivant, j’avais quelques congés a solder, c’est alors que je me suis dit que je pourrais passé une ou deux semaines de vacances dans l’atelier de mon père qui dispose, en plus, de pas mal d’outillage, scie sauteuse, circulaire, et plein de petit truc dont l’utilité ne se révéle qu’une fois qu’on est dans le bain.

Je passai le week-end du 1er mai dans chez mes parents et je me décidai. Le 30 avril 2007 je passe commande de l’optique chez Teleskope-Service : un miroir primaire de 250mm de diamètre et de 1250mm de focale et un secondaire de 50mm. Je commande également le porte-oculaire chezKineoptics : un crayford hélicoïdale léger, idéal pour un Strock.

Je pose mes congés : le jeudi 17 mai étant férié, je pose le vendredi 18 et la semaine suivante ce qui me donne dix jours pour en faire le maximum. Je pensais naïvement pourvoir en faire 90% en dix jours de sorte qu’il ne me reste plus que quelques détails à terminé chez moi après les vacances. Pendant les deux semaines précédent les vacances je fait plusieurs magasins de bricolage de la région grenobloise afin d’avoir tous les matériaux pour la construction pendant les vacances : deux plaques de contre-plaqué de 120x60cm épaisseur 10mm et 5mm, visserie, patin de Teflon (patin pour faire glisser les meubles), accastillage, tige carbone de cerf-volant pour la structure sérurier trouver chez Decathlon, etc. et une petite perceuse a colonne.

Vendredi 4 mai : réception de l’optique.

Primaire parabolique de 250/1250mm en BK7. Épaisseur 35mm. Il pèse 4kg. Les concepteurs du Strock préconisent un miroir entre 2 et 3kg pour que l’instrument soit équilibré, il va donc falloir que je prévois un contre-poids. Ce n’est pas tellement dans l’esprit du Strock mais tant pis ;-).

Secondaire elliptique de 50mm.

Teleskope-Service garantie une qualité de surface de lambda/16 RMS, soit lambda/4 PTV. Ce n’est certainement pas extraordinaire mais ce n’est pas pire que l’optique d’un Dobson tout fait du commerce.

J’avais hésité avec des optiques Orion Optics de meilleurs qualité mais ils n’avaient pas l’ouverture FD que je voulais et ils fournissent des primaires avec un secondaire qui ne me convenait pas non plus.

Jeudi 17 mai, j’embarque tous le matos dans la voiture et je part pour dans les Vosges. Il me manque le porte-oculaire, je doit me le faire livrer au bureau et il n’est pas encore arrivé.

Début des travaux vendredi 18 mai.

Dimanche 20 mai : La caisse primaire est terminé. Je commence a me rendre compte du temps que ça risque de prendre.

La caisse primaire
Le mouvement en azimuth La valise sert de socle pour le mouvement en azimut.

En arrière plan, on peux voir le disque sur lequel les haches sont tracées et prêtes à être découpées.

Vendredi 25 mai : la caisse primaire est bien avancé. Les deux mouvements du télescope sont fonctionnel. Les deux mouvements du sont fonctionnel
Le barillet prend forme Le barillet, support du miroir primaire, prend forme également.

Les caractéristiques de mon miroir n’étant pas les même que celui préconisé sur le site du Strock j’ai calculé mon propre barillet 9 points avec le logiciel Plop.

Samedi 26 mai, assemblage de la cage secondaire. Des cales et des serre-joints. Assemblage de la cage secondaire Assemblage de la cage secondaire
Dimache matin, le 27 mai, je termine l’assemblage de la cage secondaire.

Les vacances sont finies, j’assemble la bête dans le garage pour me rendre compte du travail accomplis. Ne vous fiez à la longueur de la structure sérurier : je n’ai pas coupé les tiges de carbone. elles ont plus 60 cm en trop !

Ce fut une dizaine de jours de bricolage intenses et quelque peu stressants depuis que j’ai compris que ça prenais plus de temps que ce que je pensais. Finalement le plus gros est fait et je vais pouvoir terminé le projet dans mon appartement.

1er test de montage
Installation du porte-oculaire Lundi 28 mai, de retour au boulot, mon porte-oculaire m’attendais bien sagement sur mon bureau depuis une semaine. Installation sur la cage secondaire le soir même.

C’est un crayford hélicoïdale Kineoptics HC-1 au coulant 31,75mm. On fait la mise au point en tournant l’oculaire. Le mouvement et très doux. Il pèse 62g.

Le projet continue à rythme forcément moins soutenu. Je passe quelques soirées et week-end à fabriquer le support du miroir secondaire et l’araignée.

Samedi 9 juin, première couche de peinture. J’ai fait ça dans mon appartement, en aérant convenablement, bien sur. J’ai profité du beau temps pour laisser sécher les pièces sur le balcon. Peinture
Premier tests fonctionnel 28 juin, il ne manque plus grand choses : quelques couches de peinture et autre petits détails, je coupe les tiges de carbone à un mètre et descend sur le balcon pour procéder aux premier tests fonctionnel.

J’installe l’engin sur la table d’enfant du voisin et je pointe la Lune.

Résultat : les tiges sont trop longues.

On vois quand même l’image de la lune sur le plan focal. Je ne résiste pas à faire quelques photos à mains levée.

La Lune dans le porte oculaire

Canon EOS 350d + EF-S 18-55 F/5.6 (f=55mm) + Strock 250 F/5 ; 1/100s.

La Lune à main levé à travers le Strock

Je recoupe progressivement mes tiges. Après plusieurs essais j’arrive à une longueur de 973mm.

Vendredi 6 juillet, la première lumière est pour ce soir. Je part pour notre site d’observation habituel de Beaucroissant mais arrivé sur place, je me rend compte que l’herbe est trop haute pour un Dobson « ras-des-paquerettes » tel qu’un Strock. Je part pour Quincieu et le col Lachard.

Je m’installe au Champs Floux à un kilomètre à l’est du col. Oui, je sais, c’est un drôle de nom pour un site d’observation ! Et encore plus pour y tester un instrument optique ! Il y a du vent, comme d’habitude au col Lachard, mais cela ne pose pas de problème avec un tube serrurier.

Première difficulté : faire la collimation dans le noir alors que j’ai l’habitude de la faire de jour avec un oculaire de collimation. Je péteuille (comme on dit par chez moi) pendant quelques minutes en éclairant comme je peux le miroir primaire mais je finis par y arriver.

Le choix du premier objet à son importance : c’est lui qui va me donner la première émotion avec ce nouvel instrument. Je pointe M13, là encore comme je peux vu que je n’ai pas de chercheur et pas encore de support pour le laser vert. Je me rend compte d’un gros problème : la caisse primaire coince dans le rocker. J’ai remplacer le contre-plaqué 8mm par du 10mm sans tenir compte des dimension intérieur des éléments du télescope. Ça ne me semblait pas gênant lors de la construction mais avec la peinture c’est devenu vraiment problématique.

Touts cela ne m’empêche pas de trouver M13. A partir de 200mm de diamètre les amas globulaires vu à l’oculaire commencent à ressembler aux photos.

Effectivement, c’est magnifique !

Toutes les étoiles sont résolues jusqu’au centre de l’amas.

Je pointe la galaxie des chiens de chasse (M51). Elle est assez lumineuse. On ne voit pas les bras spirales mais on reconnais très bien ça forme.

La lune se lève et je finis par remballer. Je n’ai observé que deux objet mais j’ai eu un bon aperçu du potentiel de l’instrument. Il me reste encore pas mal de choses a améliorer.

Le 10 juillet je passe commande de deux oculaires Televue Nagler chez Oceanside Photo and Telescope : un 13mm et un 9mm.

Je ponce les bord intérieurs du rocker avec la dremel dans une mains et l’apirateur dans l’autre pour ne pas avoir trop de poussières dans l’appartement. Pendant les vacances de Juillet-Aoút je passe quelques jours chez mes parents. J’en profite pour fabriquer un support pour le pointeur laser vert acheté a Hong-Kong par ebay. Celui-ci doit servir de chercheur grace a son faisceau bien visible de nuit. Avec une paire de jumelle c’est particulièrement efficace. Je découpe une plaque de fer de 8mm d’épaisseur que je fixe dans la cage secondaire pour faire contre-poids. Il y a 250g de contre-poids.

J’avais demandé une chaussette à ma mère, ancienne couturière. Elle m’a acheté un tissus bien noir. On ajuste ensemble la piéce sur la structure serrurier et elle cout deux élastiques de chaque côté. Le reste du tissus est utilisé pour faire un étui pour les tiges de carbone, bien pratique. Merci Maman !

Samedi 11 aoút, sortie à L’Epine avec des membres du club. Le mouvement en altitude ne pose plus de problème. Le Strock est complètement opérationnel. Je ne sais plus combien d’objets j’ai vu, je me suis bien régalé. C’est l’accomplissement du projet, j’ai pu mesuré et apprécié le travail accomplis. Le prochain ? Un 400 ou 500 F/4, hé hé ! Il fait bon de rêvé.

La cage secondaire opérationnelle

Strock à l'Epine

Strock à l'Epine

Quelques considérations de coût

Je sais, quand on aime, on ne compte pas. Mais je voulais avoir une idée du prix de reviens par rapport aux instruments du commerce.

Le poste le plus important est, bien sur, les miroirs. C’est aussi le plus variable puisque vous trouvez des miroirs à partir de 300 euros jusqu’au haut de gamme taillé par un artisan autour 1500 euros. Les différences de qualité justifient ces écart. Tous le reste se trouve dans des magazins de bricolage. Il y a aussi quelques matériaux déjà disponible à l’atelier : plaque d’alu pour les triangle du barillet, contre-poids, cloux, vis, etc. Je n’ai pas compté l’outillage.

Désignation Repère   Fournisseur
Optique 37, 59 516,00 Telekope-Service
Ecrou à frapper M5 19, 20, 44, 48 6,00 Leroy Merlin
Patins teflon 16, 17 11,50
Tiges filetée + écrou 71 2,90
Tube carbone 70 36,00 Decathlon
Vis nylon M6 (fixation WC) 39 3,90 Castorama
Poignée valise 22 2,92
Fermoir a levier 23 8,12
Coin valise 4,95
Clé alen pour colimation 34 1,31
4 Vis CHC M4x20 50 ou 26 1,00
Alu plat 10×2 45 3,78
Tube laiton 2×0,3 1m 33 2,50
Contreplaqué 120×60 ep10 2, 3, 4, 5, 6 15,65
Contreplaqué 120×60 ep5 1, 7, 8, 9, 12, 13, 14 8,30
Peinture 17,44 Brico 10
Boulon M5 2,60
Araldite 6,61
White spirit 1,25 Leroy Merlin
Eau déminéralisé 1,50
Alu cornière 15x15x1 3,73 L’entrepot du brico
TOTAL 657,96

Concurrence (tarifs de décembre 2007 donnés à titre indicatif) :

Orion XT10 254 850,00
Meade Lightbrige 254 749,00
Dobson Kepler 250 535,00

Conclusion : J’ai un dobson qui se place très bien face aux instruments du commerce que se soit en terme de coût ou de qualité. En terme de transportabilité, le Strock est sans concurent.

Liens

Pierre Strock : Le concepteur du Strock.
Magnitude78 : Le club qui a vu naître le Strock.
Strock 250 : Les pages qui décrivent en détail le Strock 250 sur le site de Magnitude78.
Albums photo de Thomas Jacquin : Beaucoup de photos détaillant la construction d’un Strock 250, la réalisation du miroir, la planchette équatoriale.